splendeurs et misères des 1000 et une nuits

Shéhérazade et ScharyarComme le roi Scharyar, je suis continuellement impatient d'entendre enfin la prochaine histoire contée par Shéhérazade demain après l'amour, et en attendant, je lui fait donc grâce de la vie!

Je conseille aux gens embarqués dans cette expérience inoubliable de l'intégrale des 1000 et 1 nuits, tout comme Shérazade qui interrompait son récit à l'approche du matin, non pas de veiller ainsi jusqu'à mâtines, mais de lire le soir tranquilles avant le sommeil une ou plusieurs histoires suivant la longueur d'icelles et la fatigue, avant de s'endormir.....la nuit sera propice à toutes sortes de rêveries reposantes.

Ayant déjà lu la version "Pléîade" et l'ayant beaucoup appréciée, j'ai trouvé d'occasion une version "Mardrus" de 1947 en excellent état pour une petit poignée d'€uros, exactement 30, les 6 volumes, donc une version non expurgée, avec tous les passages très cochons supprimés des contes pour enfants, ce que ne sont pas les 1000 et une nuit (un conte pour enfant)

Je dirai que c'est bien un conte pour adultes avec ses splendeurs (poésies intercalaires, citations de sages, philosophie islamique et épicurienne)
et ses misères (pages anti-chrétiennes infâmes, injurieuses, ramassis d'élucubrations ignobles)
Je vais essayer de donner un petit aperçu de ces deux catégories ici-même.

Splendeurs, perles:

  • Célébration de la beauté:

(La scène se passe au clair de lune au bord d'une rivière)

"Il luit! Et voici que la pelouse luit! Et c'est de tout ce qu'elle contient de blanches filles à la chair candide, de filles candides et blanches à la haute lueur! Et la pelouse en trésaille et frémit!"
"De belles filles surnaturelles! Une taille mince, pliante. Une démarche souple et savante et mélodieuse. Et la pelouse trésaille et frémit."
"Éparse la chevelure, retombante sur le col la chevelure, telle la grappe sur le cep,. Blondes ou brunes, grappes blondes, grappes brunes! Ô chevelures!"
"Attrayantes filles, ô séductrices! Et vos yeux! La tentation de vos yeux, les flèches de vos yeux, et ma mort!"

Et plus loin......:

"Fière elle me regarde, mais quels regards admirables! Et sa taille droite et dure! Ô lances droites et dures, courbez-vous de confusion!
Elle s'avance! La voici! Vois ses joues, les fleurs roses de ses joues! Je connais leur douceur et toute leur fraîcheur!
Vois de ses cheveux la boucle noire s'arrondir sur la candeurde son front! C'est l'aile noire de la nuit qui se repose sur la sérénité du matin!"

Une déclaration d'amour et d'admiration:

"Je cueillerai l'étoile qui se lève parmi les fruits d'or de l'Archer aux Sept Étoiles.
Elle est la noble perle annonciatrice des aubes argentées; elle est la goutte d'or de la constellation.
Elle est l'oeil d'eau qui se fluidifie en tresses d'argent; elle est la rose de chair des joues vivantes; elle est une topaze brûlée, figure d'or!
Ses yeux! C'est la couleur de la sombre violette, ses yeux cernés du kohl bleu!"

Un autre éloge:

"Car, ô roi, comment pourrais-je jamais te parler dignement de ses yeux aux paupières de couleur brune, de ses cheveux, de sa taille si fine qu'elle en est invisible, de la lourdeur de ses hanches et de ce qui les soutient et les arrondit? Par Allah! nul ne peut la regarder sans mourir!  Et c'est d'elle que le poète a dit:"O vierge au ventre d'harmonie! Ta taille mince défie le rameau pliant du jeune saule et la sveltesse même des peupliers du paradis. Ta salive est miel sauvage! Ah! de ta salive mouille la coupe et dulcifie le vin, puis donne-le moi, ô houria. Mais surtout, je t'en conjure, ouvre tes lèvres et réjouis mes yeux de tes perles" "......

....Plus loin la description et l'éloge d'un adolescent, le prince Diadème:

"L'embrasser, c'est s'énivrer du parfum de musc de toute sa peau! C'est sentir sous l'étreinte ployer son corps comme la délicate branche humide nourrie seulement de brise et de rosée.
L'embrasser! mais c'est s'énivrer sans toucher à nul vin! Ne le sais-je pas, moi qui me trouve au soir tout fermentant du vin musqué de sa salive!
Elle-même la Beauté, en se réveillant au matin, se regarde à son miroir et se reconnaît sa vassale et sa captive! Alors comment ô ma folie! les coeurs mortels pourraient-ils échapper à sa beauté?
Par Allah! par Allah! si la vie m'est encore possible, je vivrai avec, dans mon coeur, sa brûlure! Mais si je venais à mourir de ma passion et de son amour, ah! quel bonheur!" .......

Et plus loin encore, le même adolescent:

Son regard ! s'approcher du feu sans se brûler n'est point si étonnante chose que son regard! Comment suis-je encore en vie, ô sorcier, moi qui passe ma vie sous tes regards!
Ses joues! si ses joues transparentes sont duvetées, ce n'est point de duvet comme toutes les joues, mais de soie furtive et dorée.
Sa bouche! Il y en a qui viennent me demander naîvement où se trouve l'élexir de vie et sa source, sur quelle terre coule l'élexir de vie et sa source!...
Et je leur dis: "L'élexir de vie, je le connais et sa source aussi, je la connais!...
Elle est la bouche même d'un adolescent, svelte et doux comme un jeune daim, le cou tendre et penché, d'un adolescent à la taille flexible.
Elle est la lèvre humide et moussue d'un jeune daim mince et vif, d'un adolescent à la douce lèvre humide et de couleur rouge foncé"....

de retour à la gent féminine:

"La voici! de regard hautain, la fille magnifique! A travers la robe verte sans boutons les seins éclatants se tendent joyeux; et la chevelure est dénouée.
Et moi, éblouï, si je lui demande son nom, elle me dit: "Je suis la roche sourde et l'azur sans écho! O naïf! se plaint-on de la surdité de la roche ou de l'azur?""
Mais je lui dit alors:"O femme! si ton coeur est la roche, sache que mes doigts, comme autrefois Moïse, de la roche feront jaillir la limpidité d'une source!"
Elle est de peau douce telle la soie, et de parler tel l'eau, avec des détours comme l'eau, et pure et reposante
Et ses yeux! Allah a dit: "Soyez!" et ils furent. Ils sont l'oeuvre d'un Dieu! Et leur regard penché trouble les humains plus que ne le ferait le vin et son ferment.
Oh! l'aimer! A y penser aux heures nocturnes, mon âme se trouble et mon corps brûle! Car je songe à sa crinière de nuit et à son front d'aurore, illuminateur du matin!

"Ya leili! Ya eini!" (voir note)
Ne bois jamais sans une chanson de ton amie! car, moi, j'ai remarqué que le cheval ne boit qu'au rythme du sifflement...
Ya leili! Ya eini!
Puis! cajole ton amie et flatte-la et caresse-la. Puis!...fonds sur elle et étends-la! Tu as le grand et elle a le petit!....
Ya leili! Ya eini!"

(note de Mardrus:"Ô nuit! Ô les yeux!" leit-motiv de toute chanson arabe. Ils reviennent à tout instant, soit comme prélude, soit comme accompagnement, soit comme finale)


un peu de philosophie épicurienne:

"Jouïs de la terre et de la vie, car, si la terre reste, ta vie ne reste pas.
Aime la vie et jouïs de la vie et, pour cela, pense que la mort est inévitable
Jouïs donc de la vie! Le bonheur n'a qu'un temps, hâte-toi! Et songe que tout le reste n'est rien.
Car tout le reste n'est rien; car en dehors de l'amour de la vie, tu ne recueilleras que vacuité et inanité, sur la terre!
Car le monde doit être comme le logis du cavalier voyageur. Ami, sois le cavalier voyageur de la terre!"

1000&1-caresses

  • Coquineries et polissonneries:

Mais soudain l'adolescente, sans prononcer une parole, en un clin d'oeil se dévêtit de sa chemise et de son caleçon, qu'elle jeta au loin, et parue toute nue et aussi nette que le vierge argent et aussi élancée que la tige du jeune palmier.
A cette vue, Grain-de Beauté (le nom de son amoureux) sentit se mouvementer en lui l'héritage de son vénérable père, l'enfant charmant qu'il portait entre ses cuisses. Et, comme ile percevait distinctement son appel pressant, il voulu le passer, pour le calmer, à la jeune femme qui devait savoir où le mettre. Mais elle lui dit: "Ne m'approche pas! J'ai peur d'attraper la lèpre que tu as sur le corps!" (On leur a fait croire à tous deux, pour empêcher leur union qu'ils étaient atteints de cette maladie)
A ces paroles, Grain-de-Beauté, sans prononcer une parole, se dévêtit de tous ses habits, puis de sa chemise et de son caleçon, qu'il jeta au loin, et parut dans sa parfaite nudité, aussi limpide que l'eau de roche et aussi intact que l'oeil d'un enfant.

Alors, l'adolescente ne douta plus du stratagème employé par la vieille entremetteuse, sur l'instigation de son premier époux, et éblouie par les charmes du jeune homme, elle courut à lui, et l'enveloppa de ses bras et l'entraîna vers le lit, sur lequel elle roula avec lui. Et, haletante de désir, elle lui dit: "Fais tes preuves, ô cheick Zacharias, ô père puissant des gros nerfs!"

A cet appel si formel, Grain-de Beauté saisit l'adolescente par les hanches, et pointa le gros nerf de confiture dans la direction de la porte des triomphes, et, le poussant vers le corridor de cristal, le fit vivement aboutir à la porte des victoires. Puis il le fit dévier de la grande route, et le poussa vigoureusement, par le chemin raccourci, vers la porte du monteur; mais comme le nerf hésitait devant l'étroitesse de cette porte claquemurée, il força le passage en défonçant le couvercle du pot, et se trouva alors chez lui comme si l'architecte avait pris les mesures des deux côtés à la fois. Après cela, il continua son excursion en visitant lentement le souk du lundi, le marché du mardi, le bazar du mercredi et l'étalage du jeudi. Puis, ayant délié de la sorte tout ce qui était à délier, il se reposa, en bon musulman, à l'entrée du vendredi.
Et tel fut le voyage d'essai de Grain-de-Beauté et de son enfant dans le jardin de l'adolescente.
Après quoi, Grain-de-Beauté, avec son enfant assoupi dans la félicité, s'enlaça tendrement à l'adolescente aux plates-bandes saccagées; et tous trois s'endormirent jusqu'au matin ............

  • Misogynie:

Ami! ne te fie point aux femmes et souris à leurs promesses! car leur bonne ou mauvaise humeur dépend du caprice de leur vulve!
Elles prodiguent l'amour mensonger, alors que la perfidie les emplit et forme la bourre de leurs vêtements.
Souviens-toi avec respect des paroles de Youssouf. Et n'oublie point qu'Eblis fit expulser Adam à cause de la femme.
Cesse aussi ton blâme, ami. Il ne sert! car demain, chez celui que tu blâmes, à l'amour simple  succèdera la passion folle.
Et ne dit point: "Si je suis amoureux, j'éviterai les folies des amoureux!" Ne le dit point. Ce serait un prodige unique, en vérité, de voir un homme se tirer sain et sauf de la séduction des femmes."

  • Moquerie sexuelle:

Quant au bossu, durant toute cette scène, il était délaissé avec mépris, et il siégeait tout seul, aussi laid qu'un singe. Et toutes les personnes qui s'approchaient par hasard de lui, en passant près de lui éteignaient leur chandelle pour se moquer de lui. Et il resta ainsi tout le temps à se morfondre et à se faire du mauvais sang en son âme. Et toutes les femmes ricanaient en le regardant, et lui décochaient des plaisanteries salées. L'une lui disait: "Singe! tu pourras te masturber à sec et copuler avec l'air!" L'autre lui disait: "Vois! tu es à peine aussi gros que le zebb de notre beau maître! Et tes deux bosses sont juste la mesure de ses oeufs!" Une troisième disait: "S'il te donnait un coup avec son zebb, il t'enverrait à l'écurie sur ton derrière!" Et tout le monde riait.

Contre les chrétiens, l'Occident, les Roums
inachevé comme vous pouvez le voir, en fait il y en a tellement, des pages et des paragraphes entier à recopier, que je me suis découragé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Date de dernière mise à jour : 04/05/2016

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