taoïsme

Avec les sages des montagnes:


Nulle part je n' habite.
Je couche dans l'Absolu,
Je grimpe au Nirvana
Au temple du bois d'encens, je joue.
Le plus souvent, je fais sans faire.
Fortune et renom? Bulles d'illusion.
Si même l'océan se couvrait de mûriers,
Nos esprits ne sauraient se rencontrer.*voir note

CHE-TÔ(fin du VIe siècle)



Le ravin bleu est profond de mille ans,
Où seul habite un homme de la voie.
Les chevrons de son toit engendrent les nuages;
Fenêtres et portes accueillent les vents.

L'homme vit au val des Revenants;
Il se rince les oreilles à l'eau de la Ying. *(voir note 1)
Un vent du ciel vient du Sud-Ouest,
Qui ride la rivière en la couvrant d'écailles.

La fée le regarde en souriant,
et son sourire éclate comme le jade.
"Il n'est plus temps de t'entraîner en boitant:
L'essentiel est de connaître ta voie."

Le martin-pêcheur taquine l'orchidée
pour exalter la fraîcheur de son teint.
Un homme silencieux et paisible
effleure une corde claire en sifflotant.

Son esprit s'abandonne, il dépasse les nuages;
Mâchonnant une fleur, il boit à la cascade.
Il se promène au-dessus des pins rouges,

enfourche un cygne et chevauche les brumes mauves.
Dans sa main gauche, il tient le flot des collines;
A sa droite, il bouscule les grands précipices.

Les éphémères connaîtront-ils un jour
les années de la grue, les ans de la tortue? *(voir note 2)

-note 1: La tradition rapporte que Siu-yeou ("laisser-aller") qui venait du village des Sophoras près de Yang-tch'eng, aimait la libre-errance. Il se retira dans les marécages de P'ei où l'empereur Yao vint une première fois l'importuner en lui offrant de diriger l'empire. Dérangé dans sa solitude désabusée, Siu-yeou s'en alla au bord de la rivière Ying qui dévale les flancs du Pic Sacré central, précisément au pied de la pointe du Van (Ki-chan)? Où il cultivait un carré de terre. Cependant, Yao revint à la charge en lui proposant de régner sur les neufs régions de la Chine antique.Littéralement souillé par la parole du pouvoir, Siu-yeou se rinça les oreilles dans l'eau.

-note 2: longévité extrème ou même immortalité auxquelles aspirérent certains taoïstes.


Tchouang-tseu:

Une fois, moi Tchouang Tseu, je rêvai
Que j'étais un papillon voletant de-ci de-là,
Butinant, satisfait de mon sort et ignorant mon état humain.
Brusquement, je m'éveillai et me retrouvai,
surpris d'être moi-même.
A présent, je ne sais plus si je fus un homme,
Rêvant d'être un papillon,
Ou si je suis un papillon,
Rêvant d'être un homme.
*

Entre le papillon et moi existe une ressemblance:
C'est ce qu'on appelle
la mutation constante.

Si vous voulez lire un haÏku ayant un rapport à ce texte, cliquez ce lien.
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Anecdote:

Un jour, Tchouang-tseu et un ami se promenaient au bord d'une rivière.
Comme les poissons se plaisent dans l'eau! s'exclama Tchouang-tseu.
Tu n'es pas un poisson, dit son ami. Comment sais-tu Si les poissons s'y plaisent ou non?
Tu n'es pas moi, répondit
Tchouang-tseu. Comment sais-tu que
je ne sais pas que les poissons s y
plaisent ?

pensée :

Il est plus facile de ne laisser aucune trace, que de marcher sans toucher le sol


Lao-tseu :

Créer, non posséder; oeuvrer, non retenir; accroître, non dominer. (lao-tseu)

Lao-tse rencontrant Confucius alors âgé de 34 ou 35 ans, lui aurait dit:"Renoncez à l'orgueil et à la multitude de vos désirs; dépouillez-vous de ces dehors brillants et abandonnez vos ambitions..." il le traitait comme un enfant et l'effrayait tellement par sa doctrine, que Confucius compara le vieillard à un Dragon.

le tao :

Comment clarifier l'eau trouble? Laisser-la reposer et elle cessera d'être trouble. (Tao te ching XV 9)

le tao n'est pas le tao

Le Tao qu'on saurait exprimer
n'est pas le Tao de toujours.
Le nom qu'on saurait nommer
n'est pas le nom de toujours.
Le sans-nom : l'origine du ciel et de la terre.
L'ayant-nom : la mère de tous les êtres.
Ainsi, c'est par le néant permanent
que nous voulons contempler son secret,
c'est par l'être permanent
que nous voulons contempler son accès.
Ces deux issus d'un même fond
ne se différencient que par leurs noms.
Ce même fond s'appelle obscurité.
Obscurcir cette obscurité,
voilà la porte de toutes les subtilités.


Tung-kwo-tsé demanda à Kwang- tsé:
-Où se trouve ce que vous appelez le Tao?
- Partout.
- Donnez-moi un exemple. Cela vaudra mieux.
-Cette fourmi.
- Donnez un exemple pris plus bas.
- Ce brin d'herbe.
- Et plus bas encore?
- Ce tesson d'argile.
- Sûrement, vous ne pouvez rien trouver de plus bas.
- Cette merde.
Sur quoi, Tung-kwo-tsé se tut.

(Chang-Tzu XXVII 6)

Oui vaste est le suprêmeTao;
Auteur de lui-même, agissant par le non-agir,
Fin et commencement de tous les âges,
Né avant la terre et le ciel,
Embrassant en silence la totalité du temps,
Traversant sans arrêt la continuité des siècles,
A l'Ouest il a instruit le grand Confucius,
Et à l'Est il a converti l'Homme d'or;*Voir note
Pris pour modèle par cent rois,
Transmis par des générations de sages,
Il est l'ancêtre de toutes les doctrines
Et le mystère dépassant tous les mystères.

(Cet extrait d'une inscription rupestre de 1556 démontre que les confucianistes, les bouddhistes, les mohistes, les taoistes eux-mêmes, qui emploient les uns et les autres le mot Tao à leur façon, parlent en vérité de la même chose. Et Mao-tsé toung lui-même a donné, au 20è siècle, sa propre version du même Tao, qui reste une notion essentiellement chinoise.)

Il n'existe aucune traduction parfaite et unique du terme "Tao" et les mots chinois ou étrangers, sont inaptes à en exprimer la signification profonde.
Les grands textes qui lui sont consacrés, qu'il s'agisse du tao-te-king ou du livre de Tchouan-Tsé, sont des catalogues de dictons, de contes et d'allégories susceptibles d'interprétations divergentes. Et bien des passages sont obscurs au point de défier toute traduction. Que cette confusion soit due aux accidents de l'histoire ou aux obscurités des textes, les chinois onf fini par lui donner une valeur essentielle. Car là, comme dans d'autres domaines de la culture et de l'art chinois, les passages clés peuvent avoir plusieurs sens à la fois et aucun d'eux n'épuise à lui seul le contenu d'une pensée.

En Chine même, le mot Tao a été employé dans des sens différents par plusieurs écoles philosophiques. Mais ces interprétations multiples dissimulent l'inspiration fondamentale et unique, d'essence profondément chinoise, qui sous-tend leur diversité et débordent largement leur signification apparente.

Enfin pour terminer cette page provisoirement un extrait des poèmes de Li-taï-po:

Vous me demandez quel est le suprême bonheur, ici-bas? c'est d'écouter la chanson d'une petite fille qui s'éloigne après vous avoir demandé son chemin. ("poèmes"Li-Taï-Po)


Lecture conseillée:
Le taoïsme Chemins de découvertes
Par Pierre-Henry de Bruyn
CNRS Editions 2009

 


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Date de dernière mise à jour : 06/01/2012

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