Baüls

"Tu ne peux devenir que ce que tu es déjà. Il n'y a pas d'autre chemin que toi-même."

Les Baüls, yogis-poètes-musiciens, vagabondent à travers le Bengale en clamant leurs joies, leurs peines, et leur liberté inconditionnelle. Leur quête divine ignore les conventions, les dogmes et les rituels.

Le mot "Baül" vient d'un mot sanskrit qui signifie "Celui qui est emporté par le vent", une autre étymologie précise: "celui qui a la maîtrise du souffle". Cet abandon absolu au grand Vent associé à un contrôle parfait de ce souffle dans le corps humain résume l'ascèse des Baüls.

Ni pieux, ni incroyant, sans être assujetti à une religion particulère, le Baül embrasse divers courants spirituels: boudhisme tantrique, soufisme et hindouïsme.

Certains Baüls révoltés par la rigidité et le sectarisme du sytème brahmanique hindou au XIVe sciècle et ayant adopté la voie soufie sont appelés "Fakirs ou Darvesh" qui a donné le français: "Derviche"

Comme les Vaïsnavas (chanteurs mendiants vishnouïtes), ils vouent un culte intense à l'image de l'amour divin personnifié par le couple enlacé de Radha-Krishna. Le divin s'y divise en une puissance masculine et une puissance féminine éternellement prêtes aux jeux varés subtils et raffinés. Comme l'homme et la femme, comme Purusa (le principe) et Prakriti (la manifestation, comme la lampe et la mèche, comme dieu et son adorateur (Bhakta) sont indissociables.

Le Baül ne crois en rien d'autre qu'en l'homme où réside déjà le "joyau", l'Essence divine.

"Le corps est le temple, le coeur l'autel"

Les chants -poèmes des Baüls expriment intensément cette "philosophie du coeur" qui leur est commune avec les mystiques de l'Islam, les Soufis.

Ce sont les "frères du Vent"

 


"Tu ne peux devenir que ce que tu es déjà.
Il n'y a pas d'autre chemin que toi-même."

 

Tu es une abeille. Quand rien ne t'en empêche, tu voles directement vers le lotus ouvert de ton coeur."


 

Quelle est ma caste, mon nom, ma maison?

Rien n'est sûr...que puis-je dire?

Quoi encore...? Je n'appartient à personne,

Et dans les trois mondes, personne ne m'appartient.

Ni père, ni mère...Y a-t-il jamais eu quelqu'un?

Je ne sais.

Personne ne m'a rien dit. Je n'ai rien entendu.

J'ai été gratifiée d'un époux vertueux,

Qu'en fut-il au lieu de sa crémation?

Je ne sais.

Tourments oubliés, maison quittée.

Monde laissé là,

J'erre de jungle en jungle.

Mâ Ananda Moyî   (Mâ Ananda Moyî se considère à la fois chrétienne, musulmane, hindoue, « tout ce que vous voudrez » dit-elle)

Ceci justifiant à postériori que j'ai inclue Mâ dans cette page consacrée plutôt aux Baüls alors que sa tradition originelle est l'Advaïta Védanta (voir ce lien: http://fr.wikipedia.org/wiki/Adva%C3%AFta_v%C3%A9danta)


joie

Le colporteur de joie est arrivé!

Soyons prêts à lui revendre nos assiettes félées

Et nos bols troués

A propos de trous,

Mon bol en a neuf.

Privé de joie au-dedans, Il s'est fendu

Il ne tient plus une seule goutte.

Pourtant je l'ai recollé bien des fois

de mon mieux.

J'envie ceux qui savent recevoir et garder.

Je ne peux plus me perdre ainsi,

Alors, je veille!

Anonyme


yogas

Oui on peut saisir l'Insaisissable

Si l'on a foi en soi.

"Muladhara chakra" est la souche stable.

Deux fruits apparaîtront.

L'homme obtient ces fruits

Grâce à l'amour.

Avant c'étaient deux fleurs: blanche et rouge.

On les nommait père et mère.

L'homme ferme intègre ces couleurs.

Père et mère reposent dans ce lotus

Qui flotte sur les eaux.

La stabilité s'imposera

par l'exercice du grand yoga.

Panja dit: "La mer flue et reflue, Toi, marche sur la terre ferme."

(Panja)

*

Mon coeur habille toi en femme,

vis en femme

et suis cette ascèse:

Stabilise la semence et dirige-là vers le haut.

Saisis celui qui repose dans le lotus aux six pétales

Par la technique de l'inversion.

 

Si tu vas juqu'au lotus aux deux pétales

La lumière resplendira.

Plus de non-sens, la semence sera stabilisée,

l'élan des passions apparaîtra à nouveau

sous l'aspect du Maître Suprême.

 

Conduis ce qui repose dans le Muladhara

Juqu'au lotus aux mille pétales

ce chemin mène à la source.

 

Cette délicieuse fille

est le nectar même.

Quand l'homme la goûte

Krishna se laisse rejoindre.

 

Rupchand dit: "Prends cette habitude

et tu verras en toi mille soleils.

Mais ce ne sera possible que par la grâce du Guru.

C'est lui qui nous offre la tendresse de Krishna."

(Rupchand)


Je suis né avant mes aînés.

Je suis né avant mon père.

Dis-moi:

Celà peut-il se comprendre?

 

Nous appelons tous: Maître! Maître!

Peux-tu me dire qui est le maître du maître.

Le maître des Pandavas est Krishna.

Mais qui est le maître de Krishna?

Qui peut me le dire?

 

Tout le monde se sent proche de la lune.

Elle nous semble à tous si maternelle.

Qui peut me dire qui est sa mère à elle?

Qui peut répondre à cette énigme?

 

"Pour laver nous avons l'eau.

Mais qui lave l'eau?

Si le vent lave l'eau,

Comment laver le vent?

Qui peut répondre à cette énigme ?"

(Udayan Gossaïn)

 


Ô mon esprit, mon esprit fou

 

Pourquoi, mon esprit, bavardes-tu autant?

Qui suis-je, qui es-tu mon esprit?

Je ne te comprends toujours pas.

Mon esprit fou, pourquoi bavardes-tu autant?

 

Je te dis: Va dans le bon chemin,

Mon esprit, tu veux faire cavalier seul,

Mon esprit fou, pourquoi bavardes-tu autant?

 

Si mille grammes font un kilo

Mon poids est le poids de mon esprit.

Si mon esprit n'est pas en accord

Je ne trouverai pas le trésor.

 

Ô esprit fou, pourquoi bavardes-tu autant?

(Anonyme)

"Tout le monde s'écrie: Le fou! Le fou!

La folie n"est point fruit dans un arbre:

Par delà toute vérité et tout mensonge,

Elle est égalité devant le doux et l'amer."

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