haïkaïs


printemps:

Même mon ombre est
en pleine forme
premier matin de printemps

(issa)

Cà... cà...
ç'est tout ce que j'ai pu dire
devant les fleurs du mont Yoshinô

(Teishitu)

Le vent du printemps découvre
les fesses
du couvreur

(Issa)

A force de contempler
les fleurs du cerisier
torticolis!

(Sôin)

le mont Fujï au printemps

Tel un serpent, le nuage
avale la lune.
Grenouille

(Teitoku)

Saules verts
sourcils peints
au front de la colline

(Moritake)

Vieil étang
une grenouille saute
plouf

(Bashô)

Martin-pêcheur
eau claire. Les poissons
nagent profond

(Shiki)

été:

Même poursuivi
le papillon
ne semble jamais pressé

(Garaku)


Sur la cloche du temple
un papillon dort
profondément

(Buson)


Courte nuit
sur la chenille
perles de rosée

(Buson)

Un calme parfait
sur un oreiller d'herbe
loin de ma cabane

(Ryôkan)

Fraîcheur
pieds-nus au mur
sieste

(Bashô)

Délice!
de traverser la rivière d'été
sandales en main

(Buson)

 

Les montagnes lointaines
dans les prunelles
de la libellule

(issa)

 

L'escargot se glisse
sous une feuille
quelle chaleur!

(Chinschi)

Vont-ils bouger?
pas un bambou ne bouge
quelle chaleur!

(Genshi)

Herbes du gazon
vagues de chaleur
rêve de chien

(Sôseki)

 

Les yeux des chats
devenus des aiguilles
quelle chaleur!

(Suikô)

La peau des femmes
la peau qu'elles cachent
qu'elle est chaude

(Sutejo)

Sous son fardeau de vent
il ploie(quelle chaleur)
le marchand d'éventails

(Kakô)

 

Une mouche survenue
m'empêche de devenir papillon.
C'est la sieste

(Yayû)

(voir le texte de Tchouang-tseu  auquel ce haïku fait référence)

Une libellule
sur mon chapeau en bambou
je marche

(Santoka)

automne:

Le vent d'automne
transperce les os
de l'épouvantail

(Chôi)

Dans le champ près du portail
agaçant le chat
les feuilles mortes

(Issa)

Une dent branlante
d'un coup s'est déchaussée
au vent de l'automne

(Rotsû)

Le corbeau
marche, on dirait
qu'il laboure.

(Issa)

Quand il souffle de l'ouest
elles se réfugient à l'est
les feuilles

(Buson)

hiver:

Le Bouddha sur la lande
au bout de son nez
un glaçon.

(Issa)

Accorde-moi
pour le premier jour de l'an
une grasse matinée

(Sôseki)

Frelon d'hiver
cherche un endroit
pour décéder

(Kijô)

Pluie d'hiver
une souris passe
sur le koto*

(Buson)       *Koto:cithare à 13 CORDES

A présent comment
se fierait-elle à ce monde
l'abeille en hiver

(Tankô)

En sortant la tête
je verrai la prime neige
sous ces couvertures

(Chikko de Mino)

 

C'est décidé
je vais de ce pas m'enrhumer
pour voir la neige

(Sampû)

Première neige
un sacré trésor
ce vieux pot de chambre

(Issa)

Le corbeau d'habitude je le hais
mais tout de même...ce matin
sur la neige...!

(Bashô)

Au premier de l'an
sortent mes orteils des trous
des chausettes où suis

(Issa)

Longue nuit
le singe rêve aux moyens
d'attraper la lune

(Shiki)


Plus froide que la neige même
la lune d'hiver
sur mes cheveux blancs

(Jôsô)

Quel est le con qui est allé
pisser
sur cette neige fraîche!

(Kikaku)


Même si tu as froid
ne te chauffe pas au feu
bonhomme de neige!

(Sôkan)

Vieille mare
savate coulée au fond
pluie glaçée

(Buson)

 

 

contemplation, impermanence, philosophie, liberté de l'éveillé, vie animale, humour:

A la rosée goutte à goutte
des souillures d'ici-bas
puissé-je me laver.

Bashô

 

Mouillé par la rosée matinale
je vais dans la direction
que je veux.

Santoka

 

Ne possédant rien
comme mon coeur est léger
comme l'air est frais

Issa

 

Ah si tout le jour
je me sentais aussi bien
qu'au sortir du bain

Ryôkan

 

L'enfant essaie
de garder des gouttes de rosée
entre le pouce et l'index

Issa

Ils ne pipent mot
ni l'invité ni l'hôte
ni les chrysanthèmes blancs

Ryôta

 

 

Tout le monde dort
rien entre
la lune et moi

Seifujô

 

Martin-pêcheur
sur tes plumes mouillées
le reflet du couchant

Tôri

Chauve-souris
cachée tu vis
sous ton parapluie cassé

Buson

 

 

Verte grenouille
tu viens de te faire repeindre
la carcasse?

A.Ryûnosuke

 

La brise du matin
courbe les poils
d'une chenille

Buson

Les cigales crient
même
quand elles baisent

Issa

 

 

J'éternue
et perds de vue
l'alouette

Yayû

 

Devant le volubilis
il est homme à déposer
son balai à terre

Fûmo

Devant le volubilis
je suis homme à avaler
mon frugal repas

Bashô

(à fait ce haïku en écho à celui de Fûmo)

le saule
peint le vent
sans pinceau

Saryû

Le rossignol mange des vers
chante
et quoi d'autre?

Seisei

Les fleurs de cerisier
dans le ruisseau poursuivent
les poissons

Kinba

pour écouter les humains
et pour écouter les insectes
nous ne mettons pas les mêmes oreilles

Wafû

pour chanter
le rossignol
n'ouvre qu'un petit bec

Buson

Au bout du doigt du bébé
suspendu
un arc-en-ciel

Hino Sôjo

Parti voir la lune
Sôseki a oublié
sa femme

Sôseki

tous les mouvements
du coeur
dans le frisson du saule

Bashô

Pourquoi ne pas mourir
en mordant dans une pomme
face aux pivoines?

Shiki

A m'apercevoir
se fait une tête contrariée
la grenouille

Issa

Papillon qui vole
comme si de ce monde n'avait
rien à demander

Issa


Papillon à ma porte
depuis le matin
à quoi est-il affairé?

Issa


Ah magnificience!
par un trou dans la porte
la Voie Lactée

Issa

Le vieil étang
une grenouille y saute
plouf

Bashô


haïkaïs retrouvés dans un carnet



Pas de corde à l'arc
de la nouvelle lune.

Cris des oies sauvages. /Gonsui
La lune et moi
restées seules

prenons le frais sur le pont. /Kikusha-ni
Lune brillante
assise tel le Bouddha
jambes croisées. /Issa
Tel un serpent, le nuage
avale la lune.
Grenouille. /?
La glycine sur le pin:
une pieuvre grimpant à l'arbre
dirait-on! /Moritake
Le liseron a mis ses doigts
sur le seau de mon puit.
Je dois aller emprunter de l'eau au voisin. /Chiyo-jô
Les maigres camomilles
dans les cailloutis
s'affalent /Shiki
Ne pleurez pas bestioles,
même les étoiles qui s'aiment
doivent se quitter... /?
Les mains à plat sur le sol,
elle psalmodie avec respect son chant
la grenouille. /Bashô?
Une goutte de rosée
une fourmi en devint
folle. /Bashô
 

Lotus blanc.
IL songe à te couper
le bonze. /Buson
Le carrelet
n'a pu pêcher
le reflet des étoiles. /Kinsha
Somnolent sur mon bourrin.
Rêvasseries.La lune au loin.
Fumée de thé. /Bashô
Devant les prunes vertes
elle fronce les sourcils
la belle fille. /Buson
Mon coude pour oreiller,
je m'aime.
Lune voilée. /Buson
J'interrogerai
à propos du haïkaï
ce papillon qui vole. /Bashô

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