cante ista/l'oeil du coeur/sagesses

 

philosophie,sagesse, paroles, prières, traditions des premiers habitants du continent dit "amérique"

La vie dans un tipi est bien meilleure; il est toujours propre, chaud en hiver, frais en été, facile à déplacer. L'homme blanc construit une grande maison, qui coûte beaucoup d'argent, ressemble à une grande cage, ne laisse pas entrer le soleil et ne peut être déplacée; elle est toujours malsaine. Les Indiens et les animaux savent mieux vivre que l'homme blanc; personne ne peut être en bonne santé sans avoir en permanence de l'air frais du soleil, de la bonne eau. Si le Grand Esprit avait voulu que les hommes restassent dans un endroit, il aurait fait le monde immobile; mais il a fait qu'il change toujours, afin que les oiseaux et les animaux puissent se déplacer et trouver toujours de l'herbe verte et des baies mûres; la lumière du soleil permet de travailler et de jouer, la nuit de dormir; l'été, les fleurs s'épanouissent et l'hiver elles dorment; tout est changement; chaque chose amène un bien; il n'est rien qui n'apporte rien.

L'homme blanc n'obéit pas au Grand Esprit. Voilà pourquoi les Indiens ne peuvent être d'accord avec lui.

 noblesse naturelle

(détails d'une vue de Chicago en 1831 gravure ancienne, cliquer dessus pour vue d'ensemble)


Notre Sainte Mère la Terre, les arbres et toute la nature sont les témoins de vos
pensées et de vos actions.
Proverbe Winnebagoo

 

 

Je me demande si la Terre a quelque chose a dire.

si le sol écoute ce qui se dit. Je me demande si la terre est venue à la vie et ce

qu'il y a dessous. J'entends pourtant ce que dit la terre. La terre dit « C'est le

Grand Esprit qui m'a placée ici. Le Grand Esprit me demande de prendre soin des

Indiens, de bien les nourrir. Le Grand Esprit a chargé les racines de nourrir les

Indiens. » L'eau dit la même chose "Le Grand Esprit me dirige. Nourris bien

les Indiens." L'herbe dit la même chose :" Nourris bien les Indiens." La

terre l'eau et l'herbe disent: "Le Grand Esprit nous a donné nos noms. » La

terre dit:" Le Grand Esprit m'a placée ici pour produire tout ce qui pousse

sur moi, arbres et fruits" De même la terre dit:" C'est de moi que l'homme a

été fait. "Le Grand Esprit en plaçant les hommes sur terre a voulu qu'ils

en prissent bien soin, et qu'ils ne se fissent point de tort l'un à l'autre...

(Jeune-chef . Tribu Cayuse)

 


Le Lakota était rempli d'amour et de compassion pour la Nature.

 

Il aimait la terre et toutes les choses de la terre, et son attachement grandissait avec

l'âge. Les vieillards étaient littéralement épris du sol et ne s'asseyaient ni ne se

reposaient à même la terre sans le sentiment de s'approcher des forces naturelles.

La terre était douce sous la peau et ils aimaient à ôter leurs mocassins et à marcher

pieds nus sur la terre sacrée. Leurs tipis s'élevaient sur cette terre dont leurs autels

étaient faits, L'oiseau qui volait dans les airs venait s'y reposer et la terre portait,

sans défaillance, tout ce qui vivait et poussait. Le sol apaisait, fortifiait, lavait et guérissait.

C'est pourquoi les vieux Indiens se tenaient à même le sol plutôt que de rester

séparés des forces de vie. S'asseoir ou s'allonger ainsi leur permettait de penser

plus profondément, de sentir plus vivement; ils contemplaient alors avec une plus

grande clarté les mystères de la vie et ils se sentaient plus proches de toutes les

forces vivantes qui les entouraient...

Ces relations qu'ils entretenaient avec tous les êtres sur la terre, dans le ciel

ou au fond des rivières étaient un des traits de leur existence. Ils avaient un

sentiment de fraternité envers le monde des oiseaux et des animaux qui leur gardaient

leur confiance. La familiarité était Si étroite entre certains Lakotas et leurs amis à plumes ou à fourrure, que, tels des frères, ils parlaient le même langage.

Le vieux Lakota était un sage. Il savait que le coeur de l'homme éloigné de la nature devient dur; il savait que l'oubli du respect dû à ce qui pousse et à ce qui

vit amène également à ne plus respecter l'homme. Aussi maintenait-il les jeunes

gens sous la douce influence de la nature.

Chef Luther Standing Bear (Luther Ours-debout) Tribu Lakota/Téton né en 1868

(instituteur & interprète pour le "Wild West Show" au cirque Buffalo Bill)

 


 

 

 

Le Grand Esprit est notre père, mais la terre est notre mère. Elle nous nourrit; ce que nous plantons dans le sol, elle nous le retourne, et c'est ainsi qu'elle nous donne les plantes qui guérissent. Quand nous sommes blessés, nous allons à notre mère et nous efforçons d'étendre la blessure contre elle pour la guérir. Les animaux font de même, ils couchent leur blessure sur la terre. Quand nous chassons, ce n'est pas l'arc, ni la flèche qui tue l'élan. C'est la nature qui le tue.

 

La flèche se plante dans son flanc et, comme tout être vivant, l'élan va à notre mère la terre pour être guéri. Il veut appliquer sa blessure contre la terre et fait ainsi pénétrer la flèche plus profondément. C'est alors que je le suis. Il n'est plus en vue mais je colle mon oreille à un arbre dans la forêt et j'entends le son de chacun de ses bonds et je le suis. L'élan s'arrête encore à cause de la douleur de la flèche et frotte son flanc contre la terre et fait pénétrer la flèche plus profondément. Je le suis toujours, écoutant de temps à autre, l'oreille contre un arbre. Chaque fois qu'il s'arrête pour se frotter, il fait pénétrer la flèche plus profondément. Il est presque épuisé quand je viens à lui: la flèche peut lui avoir transpercé complètement le corps...

Bedagi ou Big Thunder ( indien Wabanakis)

 


Nous étions un peuple sans lois, mais nous étions en très bons termes avec le grand esprit, créateur

 

et maître de toute chose. Vous présumiez que nous étions des sauvages. Vous ne compreniez pas nos

prières. Vous n'essayez pas de les comprendre. Lorsque nous chantions nos louanges au soleil, à la

lune ou au vent, vous nous traitiez d'idolâtres. Sans comprendre, vous nous avez condamnés comme des âmes perdues, simplement parce que notre religion était différente de la vôtre.

Nous voyons la main du Grand Esprit dans presque tout: le soleil, la lune, les arbres, le vent et

les montagnes, parfois nous l'approchions par leur intermédiaire. Était-ce si mal? Je pense que nous

croyons sincèrement en l'Être suprême; d'une foi plus forte que celle de bien des blancs qui nous ont

traités de païens...Les Indiens vivant près de la nature et du Maître de la nature ne vivent pas dans l'obscurité.

Saviez vous que les arbres parlent? Ils le font pourtant! Ils se parlent entre eux et ils vous

parleront si vous écoutez. L'ennui avec les Blancs, c'est qu'ils n'écoutent pas! Ils n'ont jamais

écouté les Indiens; aussi je suppose qu'ils n'écouteront pas les autres voix de la nature.

Pourtant les arbres m'ont beaucoup appris : tantôt sur le temps, tantôt sur les animaux, tantôt sur

le Grand Esprit.

Tatanga Mani ou Walking Buffalo (1871-1967)indien Stoney


 Le carré et le cercle

  Selon notre optique, le symbole indien est le cercle, la boucle. La nature veut la rondeur des choses. Les corps des humains et des animaux n'ont pas d'angle. En ce qui nous concerne, le cercle est le symbole des hommes et femmes rassemblés autour du feu de camp, parents et amis réunis en paix pendant que le calumet passe de main en main. Le camp dans lequel chaque tipi avait sa place forme aussi un cercle. Le tipi est un cercle où l'on s'assoit en cercle; toutes les familles du village sont également des cercles dans ce cercle, lui-même partie de la plus grande boucle que forment les sept feux de camp des Sioux, représentant la Nation Sioux. La nation est seulement une partie de l'univers, en lui-même circulaire et fait de la terre, qui est ronde, du soleil qui est rond, des étoiles qui sont rondes; et la lune, l'horizon, l'arc-en-ciel sont aussi des cercles insérés dans des cercles insérés dans des cercles, sans commencement ni fin.

  A nos yeux, cela est beau et tout à fait approprié, symbole et réalité en même temps, expression de l'harmonie et de la nature. Notre cercle se répand, sans fin, éternellement; il est la vie émergeant de la mort, la vie qui apprivoise la mort.

 

 

 

 

 Le symbole de l'homme blanc est le carré. Carré de sa maison, des buildings où sont ses bureaux, avec des murs de séparation. Partout des angles et des rectangles: la porte qui interdit l'entrée aux étrangers, le dollar en billet de banque, la prison. Le rectangle, ses angles, un carré. De même pour les gadgets de l'homme blanc_boîtes, boîtes, boites et encore des boîtes_téléviseurs, radios, machines à laver, ordinateurs automobiles. Toutes ces boîtes ont des coins, des angles abrupts_des arêtes dans le temps, le temps de l'homme blanc, ses rendez-vous, le temps de ses pendules, ses heures de pointe_c'est ce que les coins signifient à mes yeux. Vous êtes devenus les prisonniers de toutes ces boîtes.

  Mais de plus en plus nombreux, certains jeunes Blancs veulent cesser d'être des cadres, des encadrés, des aplatis, et tentent de devenir ronds. Cela, c'est bien.

Tahca Ushte (Lame Deer)

 


 

 

 

La grande mer a rompu mes amarres

Elle m'emporte

 

comme la semence dans la grande rivière

La terre et les tempêtes me transportent,

M'ont entraînée au loin

m'animant d'une joie profonde.

Uvavnuck femme chaman Eskimo


Qu'est-ce que la vie? C'est l'éclat d'une luciole dans la nuit. C'est le

souffle d'un bison en hiver. C'est la petite ombre qui court dans l'herbe et qui

se perd au coucher du Soleil.

(Crowfoot(Pied de corbeau) /Tribu pied-noir)1821-1890


 

 

Enfant, je savais donner; j'ai oublié cette grâce depuis que je suis devenu

civilisé. J'avais un mode de vie naturel, alors qu'aujourd'hui il est artificiel.

Tout joli caillou avait une valeur à mes yeux; chaque arbre qui poussait était un

objet de respect. Maintenant, je m'incline avec l'homme blanc devant un paysage

peint dont on estime la valeur en dollars.

Le silence est l'équilibre absolu du corps, de l'esprit et de l'âme.

L'homme qui préserve l'unité de son être reste à jamais calme et inébranlable

devant les tempêtes de l'existence-pas une feuille qui bouge sur l'arbre, pas une

ride à la surface étincelante du lac-voilà aux yeux du sage illettré, l'attitude

idéale et la meilleure conduite de vie.

Si vous lui demandez: "Qu'est-ce que le silence?" il répondra: "Le grand Mystère!

le silence sacré est sa voix!". Si vous lui demandez: "Quels sont les fruits du

silence?", il dira: "C'est la maîtrise de soi, le courage vrai ou l'endurance,

la patience, la dignité et le respect. Le silence est la pierre d'angle du

caractère."

Dans la vie de l'indien, il n'y a qu'un devoir inévitable, le devoir de prière,

la reconnaissance quotidienne de l'Invisible et de l'Éternel. Ses dévotions quotidiennes

lui sont plus nécessaires que sa nourriture de chaque jour. Il se lève au petit jour,

chausse ses mocassins et descend à la rivière. Il s'asperge le visage d'eau froide ou s'y

plonge entièrement. Après le bain, il reste dressé devant l'aube qui avance, face au soleil

qui danse sur l'horizon, et offre sa prière muette. Sa compagne peut l'avoir précédé ou le

suivre dans ses dévotions, mais ne doit jamais l'accompagner. Le soleil du matin,

la douce terre nouvelle et le grand silence, chaque âme doit les rencontrer seul!

Chaque fois qu'au court de sa chasse quotidienne, l'homme rouge arrive devant une scène

sublime ou éclatante de beauté_ un nuage noir chargé de tonnerre, avec l'arche étincelante

d'un arc-en-ciel au dessus d'une montagne, une cascade blanche au coeur d'une gorge verte,

une vaste prairie teintée du rouge sang d'un couchant_ il s'arrête un instant dans la position

de l'adoration. Il ne voit pas le besoin de distinguer un jour parmi les septs pour en faire un jour saint, puisque pour lui tous les jours sont ceux de Dieu.

Ohiyesa(Charles Eastman)écrivain & médecin (1858-1939) Tribu Santee-Dakotas

 


 

 

 

Oh oui ! Je suis allé à l'école des hommes blancs, j'ai appris à lire leurs livres de classe, les journaux, et la bible. Mais j'ai découvert à temps que cela n'était pas suffisant. Les peuples civilisés dépendent beaucoup trop de la page imprimée. Je me tournais vers le livre du grand esprit qui est l'ensemble de sa création. Vous pouvez lire une grande partie de ce livre en étudiant la nature. Vous savez si vous prenez tous vos livres et les étendez sous le soleil en laissant pendant quelque temps la nature la pluie, la neige et les insectes accomplir leurs oeuvres, il n'en restera plus rien. Mais le grand esprit nous a fourni la possibilité à vous et à moi, d'étudier à l'université de la nature les forêts, les rivières, les montagnes, et les animaux dont nous faisons partie. (TatangaMani, indien Stoney)

 

 

 


 

Prière Iroquoise

Nous rendons grâce à notre mère la terre qui nous soutient.

Nous rendons grâces aux rivières et aux ruisseaux qui nous donnent l'eau.

Nous rendons grâce à toutes les plantes qui nous donnent les remèdes contre nos maladies.

Nous rendons grâce au maïs et à ses soeurs les fèves et les courges, qui nous donnent la vie.

Nous rendons grâce aux haies et aux arbres qui nous donnent leurs fruits.

Nous rendons grâce au vent qui remue l'air et chasse les maladies.

Nous rendons grâce à la lune et aux étoiles qui nous donnent leur clarté après le départ du soleil.

Nous rendons grâce à notre grand-père Hé-No, pour avoir protégé ses petits enfants des sorcières et des reptiles,

et nous avoir donné la pluie.

Nous rendons grâce au soleil qui a regardé la terre d'un oeil bienveillant.

Enfin nous rendons grâce au Grand Esprit en qui s'incarne toute bonté et qui mène toutes choses pour le bien de ses enfants.

 


 

Par ici il y a un oiseau d'à peu près la grosseur et la forme du pigeon. il est marqué d'un cercle de chaque côté de la tête. Il ne chante pas. Chaque fois qu'il ouvre le bec c'est pour lâcher un bruit qui ressemble à un pet. L'homme blanc l'appelle night hawk. Nous l'appelons pishko. Cet oiseau ne construit pas de nids. Il ne s'intéresse pas à ses petits. Il abandonne ses oeufs n'importe où, dans un fossé ou sur la grand-route. Certains ivrognes sont comme ça, oublieux des leurs, ils les abandonnent à eux mêmes. En public, ce sont eux qui jouent les grandes gueules,ils n'ont pas un grain de cervelle. Qui faut-il blâmer?

Qui leur permettra d'être autre chose que ce qu'ils sont devenus?

Je ne suis ni un ivrogne ni un pishko, mais je ne suis pas non plus un saint. Un voyant-guérisseur ne doit pas être un saint. Il doit connaître et vivre les hauts et les bas, le désespoir et la joie, la voyance et la réalité, le courage et la peur qui sont le lot des siens. Il doit être à même d'être plat comme une punaise et de s'élever dans les airs comme un aigle. S'il n'a pas fait l'expérience de cette double condition, comme voyant-guérisseur il ne vaudra rien.

La maladie, la prison, la misère, l'ivrognerie - il fallait que je les connaisse d'expérience moi-même. C'est le péché qui fait tourner le monde. Vous ne pouvez pas rester guindé et inhumain au point de vous vouloir toute pureté d'avoir l'âme enveloppée dans un sac en plastique, étanche. Vous devez être dieu et diable à la fois. Le vrai guérisseur se tient au coeur de la tourmente, il ne s'en préserve pas. Il lui faut faire l'expérience de toutes les phases de la vie. Il faut qu'il n'ait pas peur de lâcher les amarres, de se laisser aller à la folie de temps à autre. Cela est sacré aussi.

(Tahca Ushte indien sioux/Chamane voyant-guérisseur)

 


 

 

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Date de dernière mise à jour : 11/01/2015

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