chants d'amour mystique

Mon cœur

est devenu capable

de prendre toutes les formes;

Il est

pâturages

pour les gazelles

et

couvent pour le moine

temple pour les idoles

et

Kaaba pour le pélerin.

Il est les tables de la Torah

et

le livre du Coran.

Il professe la religion de l'amour

quel que soit le lieu

vers lequel

se dirigent ses caravanes.

Et l'amour

est

ma loi

et l'amour

est

ma foi.

(Ibn'Arabi)


Tu créa la nuit,

je fis la lampe.

Tu créa l'argile,

je fis la coupe.

Tu créa la forêt, la montagne et le désert,

je fis l'allée, le jardin, le verger.

(Mohammed Iqbâl)


Ayant bu des mers entières,

nous restons tout étonnés que nos lèvres soient encore aussi sèches que des plages,

et toujours cherchons la mer pour les y tremper, sans voir que nos lèvres sont les plages

et que nous sommes la mer.

(Attâr poète mystique persan XII-XII ième siècle)


Sache que le monde tout entier est miroir,

dans chaque atome se trouvent

cent soleils flamboyants.

Si tu fends le coeur d'une seule goutte d'eau,

il en émerge cent purs océans.

Si tu examines chaque grain de poussière,

mille Adam peuvent y être découverts...

Un univers est caché dans une graine de millet;

tout est rassemblé dans le point du présent...

De chaque point de ce cercle

sont tirées des milliers de formes.

Chaque point, dans sa rotation en cercle,

est tantôt un cercle,

tantôt une circonférence qui tourne.

(Mahmûd Shabestari poète soufi d'iran XVième siècle)


Tu ne seras pas construit

Tant que tu ne seras pas en ruines

(Yunus Emré)

Dieu donne-moi un tel amour

Que je ne sache où je me trouve

Que de moi-même je m'égare

contre ma propre volonté

Eblouis-moi de telle sorte

qu'hier se mêle à aujourd'hui

Que je ne sois que ce désir

qu'aucune image ne contente

Prends-moi, ôte-moi de moi-même

et me remplis enfin de Toi.

(Yunus Emré)


 

D'un pas rapide, craignant d'être vue,

Ma mie se glissa jusqu'à moi

Elle ne portait pas le moindre bijou,

Ayant pour seule parure sa beauté.

Lorsque, transporté de joie,

Je lui offris une coupe de vin,

Celui-ci, jaloux, sur ses lèvres

Vira au rouge vif.

Nous bûmes immodérément jusqu'à ce que

Domptée par le breuvage,

Les yeux fermés, elle se laissât

Tomber en mon pouvoir.

En guise d'oreiller,

Je lui offris ma joue.

Mais elle trouva mon bras

Le plus doux des coussins.

Tandis qu'elle dormait contre moi

J'avais soif de ses baisers,

Mais par pudeur je n'osais

Étancher ma soif sur ses lèvres.

Tandis que ma mie, ma lune,

Dormait à mon côté, au-dehors

La pleine lune s'était cachée.

L'obscurité enveloppait le ciel.

Étonnée, la nuit s'écria :

Qui donc m'a volé ma lune?

Elle ignorait que la lune,

Je la tenais dans mes bras.

(Ibn al-Abbar)


Quelqu'un m'a demandé mon âge

après avoir vu la vieillesse grisonner sur mes tempes

et les boucles de mon Front.

je lui ai répondu: "une heure!"

Car en vérité je ne compte pour rien

le temps que j'ai par ailleurs vécu.

Il m'a dit :" Que dites vous là? Expliquez-vous.

Voilà… bien la chose la plus émouvante."

Je dis alors:

"un jour par surprise, j'ai donné un baiser,

un baiser furtif, à celle qui tient mon coeur.

Si nombreux que doivent être mes jours,

je ne compterai que ce court instant,

car il a été vraiment toute ma vie."

Ibn Hazm (écrivain andalou/X-XIème siècle) "Le collier de la colombe"


 

On ne saurait jamais contempler Dieu directement

en l'absence de tout support tangible (sensible ou spirituel),

car Dieu en soi

est indépendant des mondes...

La Contenplation de Dieu dans les femmes

est la plus intense et la plus parfaite;

et l'Union la plus intense encore

(dans l'ordre sensible qui sert de support à cette contemplation)

est l'acte d'amour.

Ibn' Arabi poête mystique andalou (1165-1240)


Un amoureux fou vint frapper

à la porte de sa bien-aimée.

Elle demanda derrière la porte

"Qui est la?

Il répondit:

- C'est moi!

Elle dit:

- Il n'y a pas de place pour toi et moi

dans la même maison."

*

Alors il s'en alla méditer dans le désert

et des années plus tard, il revint frapper à sa porte.

La voix de sa bien-aimée demanda:

" Qui est là?

Il répondit:

C'est toi-même!"

Et la porte s'ouvrit.

*

D'après Ibn' Arabi poète mystique andalou (1165-1240)


Un jour que Majnûn*note se lamentait

sur son amour, quelqu'un vînt lui dire: "Majnûn, cesse tes lamentations,

car Leila vient te voir elle est là devant ta porte."

Majnûn releva aussitôt la tête:

" Dis-lui de passer son chemin car Leila m'empêcherait

un instant de penser à l'amour de Leila."

(El Aghani)

*note: Majnûn: Poète du VIIe siècle mort d'amour pour Leila.


Chaque être a sur les lêvres Ta louange et T'appelle

Tu es présent dans toute ardeur, toute harmonie

Ô Dieu vivant et éternel!...

Je suis le tableau, Tu es le peintre, Allah!...

Je suis le corps, Tu es le souffle...

Ô Dieu vivant et éternel!

(Nusrat Fathed Ali Khan)


Biblio:

# "Le soleil d'Allah brille sur l' Occident"/Sigrid Hunke/Albin.Michel

# Paroles d'islam/textes présentés par N. Khémir/A.Michel/Carnets de sagesse

# Paroles soufis/Textes recueillis par Sylvia Lacarrière/Albin michel/Carnets de sagesse

# Jalâloddîn Rûmî/ Soleil du Réel...Poèmes d'amour mystique/traduction & présentation C.Jambet/ED Imprimerie Nationale

 


 

 


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